Commune de Birsfelden
La commune de Birsfelden, qui jouxte directement la ville de Bâle, se caractérise par une offre de logements diversifiée et abordable, fruit d’une tradition coopérative sur plusieurs décennies. Par des mesures ciblées de politique du logement, la commune s’emploie à maintenir et à développer cette offre.
Orienter - Quotas dans les plans d’affectation
Financer - Cession de terrains communaux
Pourquoi Birsfelden soutient-elle le logement à prix avantageux?
Birsfelden compte une forte proportion de logements coopératifs, construits en particulier depuis les années 1960 par les employés d’entreprises liées à la Confédération, comme les CFF. D’une part, ce parc de logements d’utilité publique s’accompagne de loyers avantageux et aboutit donc à une mixité de la population. D’autre part, il renforce l’enracinement des résidents dans la commune – en raison des possibilités de participation aux décisions et d’une perspective de logement à long terme. Pour qu’il en soit toujours ainsi, la commune prend différentes mesures afin de maintenir et de développer un habitat diversifié.
Comment Birsfelden soutient-elle le logement à prix avantageux?
Concept de développement et règlement
En 2015, Birsfelden a défini un concept de développement urbain qui sert de cadre stratégique pour orienter l’évolution de la commune. Sur cette base, elle a adopté en 2019 un règlement qui fixe des quotas de logements à prix avantageux: 20 % au moins pour les parcelles privées et 50 % au moins pour les parcelles communales. Ce règlement s’applique aux plans de quartier qui s’écartent du règlement général des constructions.
Les logements d’utilité publique neufs sont en général plus chers que ceux du parc construit dans les années 1960 et 1970, raison pour laquelle ce dernier doit être préservé. Les nouveaux logements permettent par ailleurs une redistribution. Ainsi, des appartements plus grands à loyer avantageux se libèrent pour les familles lorsque des personnes âgées déménagent dans des appartements plus petits et sans obstacles, situés au centre.
Une valeur ajoutée grâce à la densification
Comme les réserves de terrains à bâtir sont épuisées à Birsfelden, le seul moyen de créer des logements supplémentaires est la densification. Le plan de quartier du centre de Birsfelden en est un exemple. Dans le cadre de ce projet, la commune prévoit de céder cinq terrains à bâtir en droit de superficie à des coopératives d’habitation. Ces dernières doivent densifier le quartier existant, situé au centre, via le remplacement de vieux immeubles et l’ajout de nouvelles constructions. Les nouveaux logements doivent respecter le principe du loyer basé sur les coûts. Pour le reste, la commune introduit le règlement susmentionné dans les contrats de droit de superficie. Elle s’assure ainsi que la diversité de logements souhaitée soit réalisée et qu’un quartier vivant puisse voir le jour.
Un plan de quartier permet en outre la participation de la population: c’est l’assemblée communale qui a le dernier mot pour l’approbation. Cela renforce les exigences imposées aux maîtres d’ouvrage pour développer un projet convaincant, axé sur l’intérêt général. Pour maximiser les chances que l’assemblée communale donne son accord, le projet doit réunir deux conditions: la qualité de l’habitat et une plus-value pour la population.
Quels enseignements Birsfelden en a-t-elle tirés?
La commune a fait de très bonnes expériences en cédant des terrains en droit de superficie à des coopératives d’habitation. La collaboration avec des maîtres d’ouvrage à but lucratif est elle aussi intéressante, même si elle requiert souvent davantage de persuasion. Un plan de quartier n’est en principe soumis au vote qu’au moment où les exigences en matière de logements à prix avantageux sont remplies. Dans le cas d’une démolition-reconstruction, la commune se soucie également de la protection des locataires occupants. Elle demande alors aux maîtres d’ouvrage de prouver qu’ils ont mis en place une gestion locative, ce qui signifie qu’ils s’occupent des locataires, organisent les déménagements et assurent une réattribution équitable des logements. Cela inclut notamment la possibilité de réemménager dans les nouveaux logements à des conditions préférentielles.
Nous encourageons la construction de logements coopératifs à prix coûtant, car cela favorise également la participation aux décisions et l’identification des locataires à la commune. De plus, comme il s’agit de contrats sur plusieurs générations, les coopératives ne sont pas obligées de suivre les maîtres d’ouvrage privés dans l’évolution des prix des loyers. C’est particulièrement intéressant sur le long terme.
Facteurs de réussite
- Sensibilisation et implication de la population
- Longue expérience de la commune avec les coopératives d’habitation
- Engagement des coopérateurs, qui s’identifient à la commune
Défis à relever
- Le concept de «logement à loyer avantageux» peut être interprété différemment d’une personne à l’autre. Une communication transparente permet d’éviter les malentendus.



